27.2.15

 

"Quand les réformes du marché du travail réduisent le chômage"

Artigo de opiniao por Pierre Cahuc, Francis Kramarz e eu publicado hoje no jornal economico frances Les Echos:

Récemment, Dominique Seux, journaliste aux « Echos », notait sur France Inter que l'on parlait beaucoup de la Grèce mais très peu du Portugal. Une conférence récente, donnée dans le cadre de la chaire de sécurisation des parcours professionnels, par un des auteurs de cet article, professeur à la Queen Mary University de Londres, et secrétaire d'Etat à l'Emploi portugais de 2011 à 2013, nous donne l'occasion de revenir sur ce pays.
Entre 2008 et 2011, le salaire minimum a crû de 20 %. Cette augmentation s'est répercutée sur une large plage de salaires grâce à des négociations centralisées menées par des syndicats représentant les employés en CDI et dont le taux d'adhésion était inférieur à 10 %. Ainsi, l'évolution des salaires a amplifié l'impact de la récession sur l'emploi. Le taux de chômage est passé de 8,6 % en avril 2008 à 17,7 % en janvier 2013. Mais ce sont surtout les jeunes qui ont fait les frais de la montée du chômage. La réglementation des ruptures de contrats à durée indéterminée était la plus restrictive de l'OCDE, avec des indemnités parmi les plus élevées (un mois d'indemnité par année d'ancienneté). Dans ce contexte, les jeunes étaient le plus souvent cantonnés à des emplois temporaires, détruits en masse lorsque l'activité a ralenti. Le taux de chômage des moins de 25 ans est passé de 20  à 40 %.
Après un accord signé avec l'Europe et le FMI en 2011, le Portugal a mis en oeuvre d'importantes réformes du marché du travail en l'espace de dix-huit mois. En particulier, la négociation collective a été décentralisée, afin de donner plus de place à la négociation d'entreprise. L'écart entre CDD et CDI a été fortement réduit afin de rapprocher les conditions d'emploi entre travailleurs effectuant des tâches similaires. Les indemnités de licenciement ont été alignées sur la moyenne européenne. Les agences pour l'emploi ont été profondément modernisées, en renforçant les incitations à l'embauche, l'accompagnement, le soutien et le contrôle des chômeurs.
En dépit des mesures d'austérité, le chômage a baissé très fortement, d'un pic de 17,5 à 13,1 % au cours du dernier trimestre. Le chômage des jeunes a encore plus diminué, de 42,5 à 32,2 %, sur la même période. L'emploi, surtout en CDI, est en croissance constante. L'expérience portugaise nous rappelle, à l'instar de celle de l'Allemagne depuis dix ans, que des réformes du marché du travail qui facilitent l'ajustement des salaires à l'évolution de la productivité du travail et qui limitent le dualisme entre CDD et CDI sont favorables à l'emploi. Et surtout à l'emploi des jeunes.

A-t-on besoin de souligner la similitude des maux français et portugais ? La complaisance et l'arrogance peuvent nous aveugler… Mais face à la hausse constante du chômage à laquelle nous assistons, impuissants, l'exemple portugais nous montre que plutôt qu'attendre une hypothétique reprise, une action déterminée fondée sur des principes simples et clairs est à même de favoriser l'emploi.


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